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Pièces en argent

Pourquoi n’utilise-t-on plus de pièces en argent ?

8 décembre 2025
dans L'univers des métaux précieux
Temps de lecture estimé : 9 min

Il y a encore soixante ans, glisser sa main dans sa poche revenait à manipuler quotidiennement un métal précieux : de l’argent. Aujourd’hui, il n’y a plus que du cuivre, du nickel et un peu de zinc peut-être. En France, la dernière pièce en argent destinée à la circulation courante, la célèbre Semeuse de 5 francs, a définitivement disparu en 1969. Avec elle s’achevait une ère millénaire : celle des monnaies qui valaient quelque chose intrinsèquement, et pas seulement par ce qui était écrit dessus.

Ce qu’il faut retenir

• Les pièces en argent ont disparu car leur valeur métallique dépassait leur valeur faciale, poussant les gens à les thésauriser ou les fondre.

• Cette dynamique a provoqué une perte de contrôle des autorités monétaires sur la masse de pièces en circulation.

• Entre 1947 et 1970, la quasi-totalité des pays ont abandonné l’argent au profit d’alliages bon marché.

• La fin de Bretton Woods en 1971 a scellé la transition vers une monnaie fondée sur la confiance plutôt que sur un métal précieux.

• Aujourd’hui, les pièces en argent existent encore, mais uniquement comme objets d’investissement ou de collection, pas comme moyens de paiement.

Alors, non, cette disparition n’a rien d’un complot orchestré dans l’ombre par les banquiers centraux. C’est une histoire beaucoup plus prosaïque, faite de réalités économiques implacables, d’arbitrages pratiques et d’un changement profond dans notre conception même de la monnaie. Une histoire où les pièces valaient parfois plus cher fondues qu’en circulation. Une histoire de valeur, de rareté, et d’un monde qui basculait sans qu’on s’en rende vraiment compte.

Quand le métal devient trop précieux pour rester dans nos poches

Imaginez-vous ministre des Finances dans les années 1960. Votre Monnaie nationale fabrique des pièces de 5 francs en argent et chacune d’elle contient environ 12 grammes de métal précieux à 835 millièmes de pureté.

Et un jour, vous réalisez quelque chose d’absurde : avec le renchérissement du cours de l’argent sur les marchés internationaux, fabriquer votre pièce de 5 francs vous coûte désormais plus cher que la valeur qu’elle représente. En clair, vous perdez de l’argent à chaque pièce frappée. Pire encore : les citoyens malins commencent à comprendre que la pièce qu’ils tiennent dans la main vaut davantage pour son métal que pour sa valeur faciale. Certains commencent alors à les thésauriser et d’autres, plus entreprenants, les font carrément fondre pour revendre l’argent. Résultat, vos pièces disparaissent de la circulation, et vous perdez le contrôle de votre propre monnaie.

C’est exactement ce qui s’est passé avec la Semeuse française. Cette pièce d’argent élégante est devenue progressivement victime de son propre succès : quand la valeur intrinsèque du métal dépasse la valeur inscrite sur la pièce, celle-ci devient un non-sens économique.

Pièce de 5 francs Semeuse en argent

Une monnaie divisionnaire, c’est-à-dire les petites pièces du quotidien, doit être bon marché à produire. Elle doit circuler sans que personne n’ait intérêt à la garder pour elle-même ou à la transformer. Sinon, tout le système se grippe. En 1969, la France a donc remplacé la Semeuse en argent par une version en cupro-nickel, un alliage beaucoup plus économique.

Cette décision n’avait rien de sentimental. C’était une question de survie monétaire.

Le monde entier face au même dilemme

Si la France avait été seule dans cette galère, on pourrait y voir une particularité hexagonale. Mais non : le monde entier a fait exactement la même chose, quasiment au même moment. Et pour les mêmes raisons.

Une tendance mondiale

Certains ont même été plus prompts, comme les États-Unis qui ont ouvert le bal en 1965. Les fameux quarters et dimes américains, ces petites pièces qui avaient accompagné des générations d’Américains, contenaient de l’argent depuis leur création. Mais face à la montée du cours du métal, le gouvernement américain a décidé de les remplacer par un sandwich de cupro-nickel. La transition a été brutale, massive, et définitive.

Plus précoce encore encore, la Grande-Bretagne avait pris les devants dès 1947, traumatisée par les pénuries d’après-guerre et la nécessité de reconstruire une économie exsangue. L’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas… tous ont suivi le même chemin entre les années 1950 et 1970. Partout, la même mécanique implacable s’est mise en marche.

Les causes de la hausse de l’argent

Mais justement, pourquoi le prix du métal a-t-il brusquement grimpé sur les marchés internationaux ? D’abord à cause de la demande industrielle croissante (l’argent est utilisé massivement en photographie, en électronique, en médecine), ainsi que de la spéculation sur les matières premières. Mais paradoxalement, la raréfaction des pièces elles-mêmes a créé une pénurie qui contribue à faire monter leur valeur. En effet, le public comprend vite l’intérêt de thésauriser. Quand le boulanger apprend que sa pièce de 5 francs vaut 6 francs en argent, il ne va pas la dépenser, il va la mettre de côté. Multipliez ce comportement par des millions de personnes, et vous obtenez une disparition progressive de la masse monétaire circulante.

Sans oublier les plus malins qui commencent à faire fondre les pièces pour revendre le métal, comme déjà dit plus haut. Une pratique illégale dans la plupart des pays, mais diablement tentante quand la marge est confortable. Des petits ateliers clandestins se montent alors ici ou là et les pièces disparaissent par caisses entières. L’État perd littéralement sa monnaie, au sens propre comme au figuré.

La perte de contrôle de la monnaie

À ce stade, la situation devient intenable. Une banque centrale qui ne contrôle plus sa propre monnaie, c’est le début du chaos. Les autorités n’ont plus qu’une option : remplacer l’argent par des alliages sans valeur intrinsèque. Du cupro-nickel, de l’aluminium, du zinc, du bronze d’aluminium… autant de métaux ou de combinaisons qui n’inciteront personne à jouer les orfèvres amateurs.

Car c’est le cauchemar de toute banque centrale, de voir ainsi sa monnaie transformée en marchandise plutôt qu’en instrument d’échange. À partir du moment où la pièce devient un « ticket d’or » gratuit, où on gagne à la retirer de la circulation, tout le système s’effondre. La monnaie cesse d’être un moyen de paiement pour devenir un actif spéculatif. Et ça, aucun État ne peut se le permettre.

1971 : le coup de grâce de Bretton Woods

Mais le retrait de l’argent des pièces de monnaie n’est pas non plus qu’un simple ajustement technique. Il s’inscrit dans un basculement beaucoup plus vaste, un tremblement de terre monétaire dont nous vivons encore les conséquences aujourd’hui : la fin du système de Bretton Woods et l’abandon définitif de l’étalon-or.

L’abandon de l’étalon métallique

Le 15 août 1971, le président américain Richard Nixon prend une décision qui va changer la face du monde financier, et suspend la convertibilité du dollar en or. Jusqu’à cette date, en théorie au moins, un dollar représentait une certaine quantité d’or dans les coffres de Fort Knox. Les autres monnaies, liées au dollar, étaient donc indirectement adossées à l’or. C’était le système mis en place après la Seconde Guerre mondiale à Bretton Woods.

Nixon met fin à tout ça d’un trait de plume. Pourquoi ? Parce que le système ne tenait plus. Les États-Unis n’avaient plus assez d’or pour garantir tous les dollars en circulation. Le général de Gaulle, entre autres, s’était amusé à convertir massivement des dollars en or, mettant la pression sur les réserves américaines. La ficelle était trop tendue, elle a fini par casser.

La confiance remplace la valeur

À partir de ce moment, tout le système monétaire international bascule définitivement vers la monnaie fiduciaire pure. La monnaie ne vaut plus par ce qu’elle contient, mais par la confiance qu’on accorde à l’institution qui l’émet. C’est un changement philosophique autant qu’économique.

Dans ce nouveau paysage monétaire, frapper des pièces avec un métal précieux n’a plus aucun sens. Ce serait même une contradiction. Si la monnaie ne tire plus sa valeur de son contenu métallique mais de la confiance dans la banque centrale, pourquoi s’embêter à y mettre de l’argent véritable ? On garde l’incarnation physique de la monnaie, parce qu’on a encore besoin de pièces pour payer le parking ou le café, mais on abandonne la matière noble.

Quand l’argent revient… mais pas dans nos poches

Alors, l’argent métal a-t-il complètement disparu des pièces de monnaie ? Pas exactement. Il est revenu, mais sous une forme totalement différente, qui confirme d’ailleurs la logique économique de sa disparition initiale.

Aujourd’hui, les États continuent de frapper des pièces en argent. La Monnaie de Paris sort régulièrement de magnifiques éditions en argent massif. Le US Mint américain produit ses célèbres Silver Eagles. La Royal Mint britannique propose ses Britannias argentées. Le Canada émet ses fameuses Maple Leafs…

Mais ces pièces relèvent d’une logique totalement différente de celle des anciennes Semeuses ou des quarters d’avant 1965. Elles ne sont pas destinées à la circulation courante. Personne ne les utilise pour payer son pain. Ce sont des pièces de collection, des objets d’investissement, des émissions limitées à destination des numismates et des investisseurs en métaux précieux.

Elles portent certes une valeur faciale, souvent symbolique, mais tout le monde sait que cette valeur est une fiction juridique. Leur vraie valeur, c’est celle du métal qu’elles contiennent, plus une prime de fabrication. On ne paie pas son croissant avec une Maple Leaf d’une once d’argent, même si techniquement on pourrait le faire au Canada. Ce serait économiquement absurde : vous donneriez l’équivalent de 50 euros pour une viennoiserie à 1 euro.

Ces pièces modernes en argent sont devenues des actifs, pas des moyens de paiement. Elles sont vendues à un prix supérieur à leur valeur faciale, conservées dans des capsules protectrices, rangées dans des coffres ou des classeurs spécialisés. Elles constituent une forme d’épargne, un placement en métal précieux sous une forme plus pratique et certifiée que des lingots.

C’est d’ailleurs révélateur : les États ont compris qu’ils pouvaient tirer profit de la nostalgie et de l’attrait pour l’argent métal, mais uniquement en le sortant du circuit monétaire ordinaire. Ils fabriquent des objets qui ressemblent à des pièces de monnaie, qui en ont le statut légal, mais qui ne fonctionnent pas comme de la monnaie. C’est un compromis astucieux entre le désir des collectionneurs et la rationalité économique.

Dans ce contexte, l’idée même d’une pièce en métal précieux semble donc appartenir à une autre ère. Et c’est bien le cas. La disparition de l’argent de nos poches a marqué la fin d’un monde monétaire fondé sur la rareté physique et le début d’un écosystème fondé sur la confiance, des banques centrales et une politique de création monétaire sans limite.

Tags: argentpièces
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Bruno GONZALVEZ

Multi-entrepreneur, auteur et consultant depuis plus de vingt-cinq ans dans le domaine de la communication stratégique, il a plusieurs fois travaillé pour le compte d'entreprises financières dont il décrypte aujourd'hui les coulisses et les mécanismes économiques de base à l'intention du plus grand nombre.

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