En 2025, le cours de l’argent métal en dollars a signé une performance de +100 % en un an. Sur le marché international, l’once a franchi la barre des 50 $. Puis elle s’est installée autour de 50–52 $ à l’automne 2025 avec des plus hauts au-dessus de 60 $ en fin d’année. Des records absolus, au-dessus des cours spéculatifs des années 1980.
Quel sera le parcours de l’argent en 2026 ? Poursuivra-t-il cette importante progression ? Ou au contraire, entamera-t-il une pause après une année en surchauffe ?
Ce qu’il faut retenir
- L’année 2025 est l’année du réveil pour le cours de l’argent.
- Déficit d’offre, augmentation de la demande, baisse du dollar expliquent cette hausse du prix de l’argent.
- 100 $ pour une once d’argent seraient atteignables en 2026.
- Le consensus des analystes prévoit un cours haussier en 2026 avec des corrections régulières.
La fin de l’année 2025 conditionne les prévisions pour 2026
Selon le consensus des analystes, la hausse du prix de l’argent en 2025 n’est pas un simple « accident spéculatif ». C’est la convergence de quatre éléments.
Un déficit structurel de l’offre en argent métal
2025 est la cinquième année consécutive où la demande mondiale dépasse la production minière et le recyclage. Dans un marché où l’essentiel de l’argent est extrait comme sous-produit d’autres métaux, la hausse du prix ne déclenche donc pas mécaniquement une explosion de l’offre. Depuis 5 ans, le déficit cumulé est de 800 millions d’once d’argent. Pour combler le manque, il a fallu piocher dans les stocks, et ceux-ci s’épuisent. Tradosaure, expert en analyse technique des cours des métaux précieux montrait le 2 décembre 2025 une courbe des stocks d’argent de la Chine : ils sont au plus bas. Et la tension devrait être encore plus importante en 2026.

La demande industrielle toujours plus forte
L’argent est devenu un métal critique de la transition énergétique : solaire, électronique, véhicules électriques, data centers pour l’IA, capteurs… Les analyses de 2025 insistent sur le rôle du photovoltaïque et des usages électroniques comme moteurs de la hausse. Autre signal fort de l’importance du métal blanc pour l’industrie : cette année, Donald Trump a ajouté l’argent à la liste des métaux stratégiques.
Une politique monétaire américaine favorable aux actifs tangibles : argent, or, etc.
Ce n’est pas le prix du métal qui augmente, c’est le dollar qui baisse. On a l’habitude de dire cela pour l’or, c’est un peu moins vrai pour l’argent comme on vient de le voir. Mais clairement, le contexte monétaire américain est favorable aux métaux précieux. Les investisseurs anticipent une nouvelle baisse de taux de la Fed et donc un affaiblissement du dollar. Plusieurs banques, dont UBS et Bank of America, expliquent la dynamique de l’argent par la perspective d’un dollar plus faible et de taux d’intérêt réels plus bas en 2026.
Les flux massifs d’argent papier augmentent fortement la tension sur les cours
Avec des performances autour de 100 % d’augmentation, l’argent métal attire les investisseurs. Comme pour l’ensemble des actifs alternatifs, l’accès facilité aux ETF via des applications grand public dirigent des volumes énormes d’investissement vers l’argent. Ce « boursicotage » autour des matières premières et des métaux précieux augmente les achats spéculatifs. Les grands gestionnaires de fonds dirigent aussi une partie de leurs allocations vers l’argent, cet actif qui semblait pour toujours léthargique.
Les prévisions pour 2026 s’appuient sur une fin d’année 2025 totalement euphorique pour le cours de l’argent métal.
Les principales prévisions pour l’argent en 2026
Les prévisions publiées ces derniers mois dessinent un éventail assez large de scénarios, mais avec un point commun : peu d’acteurs sérieux voient l’argent retomber à ses niveaux d’avant 2024.
Un article de Capital.com reprend toutes les prévisions pour 2026 des grandes banques, datées d’octobre 2025, alors que le cours de l’argent avait déjà dépassé les 50 dollars. Certaines institutions restent relativement prudentes. ING, par exemple, prévoit un prix moyen de l’argent à 49,75 $ en 2026.
D’autres acteurs sont nettement plus agressifs. C’est le cas de Bank of America qui a relevé son objectif pour 2026 à environ 65 $ l’once, justifiant ce niveau par la poursuite de déficits structurels, de la forte demande industrielle et de conditions monétaires favorables.
UBS, de son côté, a progressivement relevé ses prévisions. Après avoir parlé d’un argent à 42 $ jusqu’en juin 2026, la banque suisse prévoit désormais une zone d’environ 52–55 pour 2026, avec un objectif de 55 $ l’once à mi-2026 et la possibilité de tests ponctuels vers 60 $.
Enfin, plusieurs gestionnaires et stratégistes indépendants se montrent franchement haussiers. Ainsi, Larry Lepard (Equity Management Associates), cité par Investing News Network, a déclaré qu’il pensait que l’argent pourrait facilement atteindre 100 dollars l’once compte tenu du déficit structurel profondément ancré. Dans un scénario moins optimiste, il considère comme réalistes les objectifs de 75 dollars l’once à la mi-2026, et de 80 ou 90 dollars à la fin de l’année, compte tenu de la dynamique du marché.
Prévisions 2026 pour l’argent : une tendance haussière, mais avec une forte probabilité de consolidation
Si l’on croise ces différentes prévisions, on constate que la plupart des acteurs anticipent un argent « cher mais cohérent » en 2026. Pourtant, après une hausse de 100 %, si l’augmentation se poursuit, certains investisseurs avertis estiment qu’il faut s’attendre à une consolidation.
Les révisions successives d’UBS, HSBC ou Bank of America vers le haut montrent que la communauté financière a été prise de vitesse par l’ampleur de la progression. Une partie de la hausse déjà réalisée correspond, pour certains, à un simple rattrapage par rapport à des fondamentaux qui ont été de plus en plus présents (déficits, dollar plus faible, transition énergétique).
On pourrait donc être sur un plateau « haut » avec un risque important de petites consolidations qui succèderont à des hausses. Un spécialiste anglais parle ainsi d’un argent « plutôt optimiste » en 2026, avec un risque de replis vers 45 $ dans les phases de correction, et un potentiel de hausse vers 55–65 $ si les conditions restent favorables (dollar faible, baisses de taux, demande industrielle soutenue, flux ETF positifs).




