En 2026, l’augmentation de la dette publique française demeure un sujet majeur du débat économique et continue d’alimenter les inquiétudes. Chez les spécialistes d’abord, qui considèrent que des efforts budgétaires considérables sont nécessaires dans les prochaines années pour stabiliser la dette. Mais aussi chez les ménages, qui craignent pour la sécurité de leur épargne. Il existe pourtant des remparts pour protéger les économies des Français : l’Académie fait le point.
Ce qu’il faut retenir
- Dans un rapport de juillet 2026, quatre économistes s’inquiètent de la hausse de la dette publique en France. Celle-ci pourrait exploser d’ici 2030 faute d’efforts budgétaires.
- Un sondage OpinionWay pour AuCOFFRE met aussi en évidence des préoccupations chez les Français : 77 % pensent que la dette représente un risque important pour leur épargne.
- En période d’incertitude économique et pour protéger l’épargne des ménages, plusieurs solutions existent. Le choix d’actifs tangibles et décorrélés des marchés financiers, comme l’or, en fait partie.
Attention : Cet article a une vocation pédagogique et ne remplace pas les conseils d’un professionnel qualifié.
Quelle évolution pour la dette française ?
Rappel : définition de la dette publique
La dette publique correspond aux emprunts des administrations publiques (État, collectivités locales, administrations de Sécurité sociale notamment) et qui ne sont pas encore remboursés. Pour des explications plus détaillées, nous vous conseillons de consulter cette publication de la Banque de France.
La dette publique de la France à plus de 130 % du PIB en 2030 ?
Le 15 juillet 2026, un rapport commandé par le Gouvernement dresse l’état des finances publiques à l’horizon 2030. Pour l’établir, quatre économistes indépendants se sont penchés sur les comptes publics et sur l’augmentation de la dette en France. L’objectif : éclairer le débat avant la prochaine élection présidentielle. Le premier enseignement à en tirer est que la dette publique pourrait passer de 118 % du Produit Intérieur Brut en 2026 à plus de 130 % en 2030, soit plus de 10 points de hausse. Et ce si la politique actuelle demeure inchangée. Quant au déficit budgétaire, il pourrait atteindre 5,9 % du PIB en 2027 et aller jusqu’à 7 % en 2030. Ce qui signifie aussi que les intérêts de la dette deviendraient le premier poste de dépense de l’État : 124 milliards d’euros en 2030 !
126 milliards d’euros d’effort budgétaire d’ici 2032
L’horizon n’est donc guère réjouissant si aucune nouvelle mesure n’est prise. Les auteurs du rapport invitent ainsi à une meilleure maîtrise des dépenses publiques en priorité. Le mot à retenir : ajustement budgétaire. Pour redresser la barre et stabiliser la dette, les économistes préconisent un effort financier de 126 milliards d’euros d’ici la fin du prochain quinquennat, en 2032. Et il faudrait même aller jusqu’à 160 milliards d’euros pour pouvoir anticiper une éventuelle crise économique.
La hausse de la dette publique impacte aussi les Français et leur épargne
L’inquiétude quant à la situation économique française est bien réelle !
Les Français ne sont pas plus optimistes que les économistes. Selon un sondage OpinionWay pour AuCOFFRE réalisé à l’été 2026, 3 Français sur 4 (74 %) sont inquiets de la situation économique du pays. Un sentiment toujours présent mais plus ou moins marqué en fonction des générations : 61 % des moins de 35 ans et 82 % chez les plus de 50 ans.
Les Français soucieux des effets de la dette sur leur épargne
Le sujet de la dette en France fait également partie des préoccupations du grand public. Toujours selon le sondage OpinionWay pour AuCOFFRE, 77 % des Français estiment que la dette constitue un risque important pour leur épargne. Pour près d’un tiers d’entre eux (30 %), le niveau de risque est même très élevé. Plus inquiétant encore, 7 Français sur 10 craignent que l’État puisse limiter l’accès à leur épargne en cas de crise. Et pourtant, les épargnants ont tendance à choisir des produits dont la valeur dépend en grande partie de la solidité financière de l’État, comme le livret A ou certaines assurances-vie. Nous vous en parlions déjà dans cet article de l’Académie consacré à l’épargne à la française.
Quelles solutions d’épargne face à l’incertitude et à la dette ?
Diversifier son portefeuille
Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier est un principe souvent rappelé lorsqu’il s’agit d’épargne. Un portefeuille diversifié permet en effet de répartir les risques entre plusieurs actifs : si l’un flanche à cause de l’évolution des marchés financiers, d’autres peuvent rester stables voire progresser. Mais l’idée n’est pas de collectionner les placements. Il s’agit avant tout d’adopter une stratégie adaptée à ses objectifs, en sollicitant des professionnels.
Bon à savoir : la part à allouer aux métaux précieux dans un portefeuille varie généralement de 5 à 15 % selon plusieurs spécialistes et investisseurs. Cela peut être sous forme de pièces d’or d’investissement, par exemple.
Le choix d’actifs tangibles
Les actifs tangibles correspondent à des placements qui ont une existence matérielle et qui conservent généralement leur valeur intrinsèque à long terme. Ils peuvent aussi être décorrélés des marchés financiers, ce qui se révèle d’autant plus important dans le cadre d’un portefeuille diversifié. Cela signifie qu’en cas de crise ou face à l’inflation, des actifs tangibles sont potentiellement moins affectés. Ici, les métaux précieux physiques cochent toutes les cases.
Des solutions alternatives au système bancaire
Face à la dette publique et en contexte d’incertitude économique, une autre possibilité consiste à placer une partie de son patrimoine en dehors des systèmes bancaires traditionnels. C’est le choix que font certains épargnants qui ne font plus confiance aux banques, ou qui craignent une confiscation de leurs économies par l’État. Là encore, l’or et/ou l’argent peuvent répondre à cette préoccupation.
La liquidité, un autre critère souvent sous-estimé
Un actif peut-il être revendu facilement, et sous quel délai l’argent est-il disponible ? La liquidité passe parfois au second plan, mais il s’agit pourtant d’un critère très important, surtout en cas d’imprévu. On vous l’explique plus en détails dans cette autre publication de l’Académie.
Selon le sondage OpinionWay pour AuCOFFRE, 25 % des Français estiment que l’or est le placement qui conservera le mieux son pouvoir d’achat au cours des 20 prochaines années, en première place devant l’immobilier (21 %) et l’euro (10 %).
Questions et réponses sur la dette et l’épargne en France
Est-ce que l’État peut prendre l’épargne des Français ?
Face à l’augmentation de la dette, une inquiétude revient toujours : celle de voir l’État ponctionner les économies des ménages pour combler le déficit budgétaire. En réalité, ce n’est pas aussi simple. La loi Sapin 2 de 2016 prévoit par exemple une limite des retraits sur l’assurance-vie en cas de crise majeure, donc un accès momentanément restreint. Plus généralement, l’épargne des ménages demeure très protégée en France, et les risques de confiscation sont extrêmement faibles.
Pourquoi la France est-elle endettée ?
La France est endettée parce que le budget de l’État est déficitaire : les dépenses sont plus importantes que les ressources. Le pays doit donc emprunter pour couvrir ce déficit. En 2026, la dette française est le résultat de plusieurs crises (dont la pandémie de Covid-19) et d’une instabilité politique qui a largement fragilisé le budget du pays.
Comment rembourser la dette publique ?
Selon un rapport de juillet 2026, quatre économistes préconisent une meilleure maîtrise des dépenses publiques dans les prochaines années pour réussir à stabiliser la dette française. L’effort financier doit se porter à 126 milliards d’euros d’ici 2032, voire 160 milliards d’euros pour anticiper une crise économique.


