Certaines pièces d’or ou d’argent valent bien plus que le métal précieux qu’elles contiennent. Des pièces américaines comme la Double Eagle Liberty de 1861 ou la Double Eagle Saint-Gaudens de 1933 ont vu leur valeur atteindre des records lors de ventes aux enchères. Ce ne sont pas les seules pièces qui affolent le monde des collectionneurs et des numismates : quelles sont-elles ? Pourquoi les prix peuvent-ils atteindre des records ? L’Académie vous en dit plus.
Ce qu’il faut retenir
- La valeur d’une pièce ne dépend pas uniquement de son poids en or ou en argent. Son histoire, sa rareté et l’intérêt des collectionneurs peuvent aussi jouer.
- Les pièces qui atteignent des prix records sont souvent des exemplaires extrêmement rares. C’est le cas de la Double Eagle Saint-Gaudens de 1933.
- D’autres sont devenues des témoins historiques, ou associées à des périodes clés de l’histoire monétaire, comme le Louis d’or de 1640.
Pourquoi le prix de certaines pièces d’or et d’argent atteint-il plusieurs millions ?
La valeur d’une pièce en or ou en argent dépend en grande partie de son poids en métal précieux et du prix de ce métal précieux. Il arrive pourtant que certaines pièces se vendent pour plusieurs millions d’euros ou de dollars. La raison ? Ces pièces sont bien plus que des monnaies en or ou en argent : ce sont des objets de collection, des témoins de l’Histoire ou des œuvres uniques.
Une valeur qui dépasse largement celle du métal précieux
Pour déterminer la valeur d’une pièce d’investissement en or ou en argent, différents critères entrent en ligne de compte. Le premier, c’est sa valeur intrinsèque, qui correspond au cours de l’or, ou de l’argent, selon le poids de métal précieux contenu dans une pièce.
D’autres éléments s’ajoutent à ce calcul et permettent de déterminer la prime d’une pièce, c’est-à-dire la différence entre sa valeur intrinsèque et le prix réel auquel elle se vend ou s’achète. Il y a différents facteurs :
- L’état de conservation de la pièce ;
- Sa qualité de fabrication ;
- La spéculation ;
- L’emplacement géographique ;
- Ou encore la rareté.
Et lorsqu’on quitte le monde des pièces d’investissement pour basculer dans celui des pièces de collection, ces facteurs prennent une tout autre importance.
La rareté, le premier moteur des records historiques
« Ce qui est rare est cher » : cette règle d’or des collectionneurs est tout à fait valable en numismatique ! Certaines pièces de monnaie peuvent en effet avoir été frappées en très petites quantités, d’autres ont totalement disparu. La 100 francs Bazor, par exemple, fait partie des pièces françaises qui sont devenues particulièrement rares après avoir été refondues. Il peut aussi s’agir d’éditions limitées, de pièces qui n’étaient pas destinées à circuler, ou de pièces qui ont subi des erreurs de frappe. En résumé, ce sont des pièces « survivantes », et cela les rend particulièrement recherchées.
Quand l’Histoire est synonyme de valeur record
L’âge d’une pièce ne garantit pas forcément une plus grande valeur : une pièce frappée il y a plusieurs siècles peut ne pas être rare. En revanche, la valeur d’une pièce d’or ou d’argent peut aussi atteindre des sommets lorsqu’elle est associée à une période décisive de l’Histoire, ou à un événement majeur. C’est le cas de la Double Eagle Saint-Gaudens de 1933, qui marque la fin de la circulation des pièces d’or aux États-Unis. Mais aussi du Louis d’or de 1640, une pièce qui n’était pas censée quitter la cour royale de Louis XIII, et qui témoigne d’une période où la France se dote d’une monnaie plus forte pour asseoir sa souveraineté.
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Ces pièces d’or et d’argent qui valent plusieurs millions
De la monarchie française aux jeunes États-Unis en passant par des grandes monnaies modernes, voici six pièces d’or et d’argent qui ont marqué le monde numismatique. Les prix records auxquels elles se sont échangées illustrent des situations très différentes.
La Double Eagle Liberty de 1861 : une pièce courante devenue trésor
À première vue, la Double Eagle Liberty est une pièce plutôt classique. Elle est frappée par la Mint américaine à Philadelphie entre 1850 et 1907, sur un dessin de James Longacre. En 1860, la Monnaie américaine confie une modification du dessin de la pièce au graveur Anthony C. Paquet. La production est abandonnée après plusieurs frappes en raison de difficultés techniques, si bien que seuls deux exemplaires sont frappés à Philadelphie (et plusieurs milliers à San Francisco). Une situation exceptionnelle quand on sait que des millions d’exemplaires de la Double Eagle Liberty ont pu circuler !
L’une de ces deux pièces finit dans des collections privées, et elle est vendue pour 7,2 millions de dollars lors d’une vente aux enchères en 2021.
La Double Eagle Saint-Gaudens 1933 : la pièce d’or la plus chère jamais vendue
En frappant sa pièce de 20 dollars, le sculpteur Augustus Saint-Gaudens n’avait probablement pas imaginé que l’une d’elles pourrait atteindre une telle valeur. Le Double Eagle Saint-Gaudens a initialement été frappée à 445 500 exemplaires par la Mint américaine, à Philadelphie. Mais dans le contexte de la crise de 1929 et de la Grande Dépression, le gouvernement américain met fin à la circulation des pièces en or en 1933. Les Double Eagle sont refondues.
Deux exemplaires sont destinés à la collection numismatique nationale, au Smithsonian Institution. De collections en saisies, l’une d’elles, qui n’a jamais circulé, finit par rejoindre Fort Knox. Elle est revendue en juillet 2002 pour 7,6 millions de dollars.
Le Flowing Hair Dollar 1794 : un record pour la Lady Liberty en argent
Retour au début de l’histoire monétaire des tout jeunes États-Unis, qui viennent d’obtenir leur indépendance. La pièce d’un dollar américain « Flowing Hair » est la première pièce américaine, frappée à partir de 1794. Elle porte sur son avers une Lady Liberty, représentée par une femme de profil avec les cheveux au vent. Sur son revers, figure un aigle entouré d’une couronne. Avec un poids de 26,96 grammes et une pureté de 77 %, sa valeur au seul titre de l’argent est très limitée. Pourtant, un exemplaire est vendu en 2013 pour 10 millions de dollars : la pièce témoigne d’une période charnière dans l’histoire du pays.
Le Double Leopard d’Édouard III (1344) : une rareté médiévale
Retour quelques siècles plus tôt. Monté sur le trône en 1327, le roi Édouard III cherche à affirmer la puissance de l’Angleterre, notamment face à la France. La guerre de 100 Ans vient de débuter et dans ce contexte, frapper monnaie permet aussi de renforcer son autorité : c’est un instrument politique. La couronne anglaise frappe donc une pièce qui porte, sur son avers, une représentation du roi sur son trône, entouré de deux léopards. Mais leur valeur en or est surévaluée : ceux qui en détiennent ont tout intérêt à les fondre pour récupérer l’or, plutôt que de les utiliser comme monnaie. Si bien que nombre de ces pièces disparaissent. Sauf quelques exemplaires, dont un Double Leopard vendu en 2021 pour 460 000 livres sterling, soit environ 633 000 dollars ou 535 000 euros. , soit environ 633 000 dollars ou 535 000 euros.
Le Louis d’or de 1640 : un trésor hérité de la monarchie française
Ambiance royale toujours, mais cette fois sous le règne de Louis XIII. Les premiers Louis d’or sont émis dans le cadre d’une réforme monétaire : pour le souverain français, il s’agit là aussi de renforcer son pouvoir avec une monnaie royale plus forte. En parallèle, Louis XIII fait frapper des monnaies « de plaisir », c’est-à-dire des pièces qui n’ont pas vocation à quitter la cour royale. L’une d’elles, frappée en 1640, est considérée comme « la Joconde » des pièces, d’abord en raison de son intérêt historique, mais aussi pour ses caractéristiques. Il s’agit d’une grande pièce, qui pèse 67,10 grammes d’or pur et mesure 45 millimètres de diamètre. Soit deux fois le poids d’un Napoléon 50 francs, qui est déjà un grand format. Très rare, elle a finalement été vendue pour 165 000 euros en avril 2026.
La Maple Leaf de 100 kg : une pièce hors normes pour une valeur hors normes
La Maple Leaf canadienne fait partie des pièces d’or d’investissement modernes. Mais pour démontrer le savoir-faire de sa Monnaie, le Canada a frappé en 2007 une pièce aux dimensions exceptionnelles : 50 centimètres de diamètre pour un poids de 100 kg. Et comme elle est composée d’or pur à 999,9 ‰, ce n’est décidément pas une pièce appelée à circuler ou à être utilisée pour des transactions ! Il en existe actuellement cinq exemplaires recensés. Le sixième a été volé en 2017 à Berlin : sa seule valeur en or avait été estimée (à l’époque) à 4 millions de dollars en cas de refonte. L’histoire ne dit pas quelle valeur pourrait atteindre une pièce de 100 kg si elle était vendue aux enchères.


