L’or d’investissement, l’or physique, occupe une place particulière dans la construction d’un portefeuille patrimonial. À la fois actif réel, réserve de valeur et outil de diversification, il ne répond pas aux mêmes logiques que les actions ou les obligations. Dès lors, la question centrale n’est pas seulement pourquoi investir dans l’or, mais quelle stratégie adopter et quelle part de l’or intégrer dans un portefeuille d’investissement ?
Selon les écoles économiques et les grands investisseurs, les réponses varient sensiblement. Derrière chaque pourcentage d’allocation se cache une vision spécifique du risque, de la monnaie et de la stabilité financière.
Ce qu’il faut retenir
- L’or d’investissement est avant tout un outil de diversification et de protection, et non un actif de performance à court terme.
- Les stratégies d’allocation en or diffèrent selon les écoles économiques, avec des fourchettes allant de 5 % à plus de 20 % du portefeuille.
- Une approche progressive d’achat d’or permet de constituer une allocation cohérente dans le temps, en limitant les effets de la volatilité.
L’or d’investissement comme outil de diversification
La diversification efficiente de Markowitz
La première grande approche repose sur la théorie moderne du portefeuille, développée par Harry Markowitz. Cet économiste américain est mort récemment (en 2023). Il est l’auteur du modèle de « diversification efficiente ». Cette méthode vise à optimiser le couple rendement/risque en combinant des actifs dont les comportements sont faiblement corrélés entre eux.
Dans cette logique, l’or d’investissement, est un actif contracyclique notamment par rapport aux marchés actions. Il est capable de réduire la volatilité du portefeuille sans en bouleverser l’équilibre. Il n’est ni un actif central ni un actif marginal, mais un stabilisateur selon les travaux de Markowitz.
L’or comme stabilisateur d’un portefeuille
Les investisseurs qui suivent cette approche consacrent généralement entre 5 % et 10 % de leur portefeuille patrimonial à l’or. Cette proportion est considérée comme suffisante pour bénéficier des effets contracycliques du cours de l’or, tout en conservant une exposition majoritaire aux actions.
L’or comme protection contre les risques monétaires
L’approche de l’école autrichienne (Mises, Hayek)
Une seconde stratégie d’allocation de l’or s’appuie sur une critique plus profonde du système monétaire contemporain. Inspirée par l’école autrichienne d’économie, elle considère que l’endettement structurel, la création monétaire et la perte de discipline budgétaire fragilisent durablement les devises. Cette théorie a été valorisée en 2025 avec un dollar en difficulté et une politique monétaire de la FED qui a déclenché la chasse aux records des cours de l’or.
Dans cette approche, l’or d’investissement est perçu comme une monnaie hors système, indépendante des politiques monétaires et des décisions des banques centrales. Il joue un rôle de protection contre l’érosion du pouvoir d’achat et les dévaluations monétaires.
L’or comme outil de lutte contre l’inflation
Les investisseurs qui adoptent cette vision allouent généralement entre 10 % et 15 % de leur portefeuille à l’or. À ce niveau, l’or n’est plus seulement un diversifiant mais surtout un moyen de réduire les effets de l’inflation ou de la perte de valeur des monnaies fiat.
Cette stratégie séduit particulièrement les épargnants sensibles à la préservation de la valeur réelle du patrimoine sur le long terme.
L’or d’investissement comme substitut partiel aux obligations
Traditionnellement, les obligations jouaient un rôle défensif dans les portefeuilles patrimoniaux. Toutefois, la combinaison de taux durablement bas puis du retour de l’inflation a remis en question cette fonction historique. Des banques en Californie ont fait faillite parce qu’elles étaient très exposées à des obligations de long terme devenues « invendables » en raison de leurs taux trop faibles. Les émissions récentes, avec des rendements plus forts les ont totalement démonétisées.
Des gérants de fonds remplacent les obligations par l’or
Dans ce contexte, de nombreux gestionnaires patrimoniaux ont choisi de réduire leur exposition obligataire au profit de l’or d’investissement. L’or devient alors un actif de stabilisation alternatif, moins dépendant du crédit et des politiques de taux.
Cette approche conduit souvent à une allocation en or comprise entre 15 % et 20 %, financée par une baisse de la part obligataire. L’or est alors utilisé comme un outil de résilience face aux chocs macroéconomiques et financiers.
Le portefeuille « All Weather »
La stratégie de Ray Dalio et la parité de risque
Parmi les stratégies d’allocation en or les plus connues figure celle popularisée par Ray Dalio à travers le portefeuille dit « All Weather ». Cette méthode repose sur le principe de parité de risque, qui consiste à équilibrer les actifs selon leurs réactions aux risques. Bien évidemment, il faut des investissements qui ne réagissent pas de la même manière.
Dans ce cadre, l’or d’investissement occupe une place stratégique, car il réagit favorablement à des environnements où d’autres actifs souffrent, notamment en période d’inflation ou de crise de confiance monétaire.
La part de l’or dans ce type de portefeuille se situe généralement entre 10 % et 15 % mais récemment, les adeptes de la méthode Dalio ont augmenté leur allocation jusqu’à 20 % (pour certains même 30 %) au détriment des obligations. L’or n’y est pas détenu pour spéculer sur son prix, mais pour assurer la robustesse du portefeuille dans différents cycles économiques.

L’or comme réserve stratégique patrimoniale
Investir comme une banque centrale !
Certaines stratégies patrimoniales vont plus loin et s’inspirent directement de la gestion des réserves des banques centrales. Ce sont les spécialistes de la gestion de la réserve de valeur. Et on l’a vu depuis 2020, les banques centrales achètent de l’or par centaines de tonnes.
Dans cette logique, le portefeuille est conçu comme une réserve de valeur, dont l’objectif principal est la préservation du capital sur le très long terme.
Structurer son patrimoine avec de l’or
L’or d’investissement y occupe une place structurante, parfois entre 15 % et 20 % du portefeuille, voire davantage selon les profils. Cette allocation élevée traduit une volonté de réduire la dépendance aux actifs financiers et aux monnaies fiduciaires.
Cette approche est souvent privilégiée par des patrimoines déjà constitués, pour lesquels la priorité est la sécurité, la transmission et la protection contre les ruptures systémiques.
La méthode d’épargne progressive pour constituer une allocation en or
Quelle que soit la stratégie d’allocation retenue, une question pratique se pose : comment atteindre progressivement la part cible d’or dans un portefeuille patrimonial ? Surtout qu’en général, la constitution d’un patrimoine se fait sur le long terme. Comment épargner pour sa retraite, notamment si la retraite par répartition venait à être réduite.
Une méthode largement utilisée est celle du DCA (Dollar Cost Averaging), ou investissement progressif dans le temps.
Préparer sa retraite avec de l’or
C’est le moyen préféré des Américains pour constituer un patrimoine, notamment parce qu’ils n’ont pas de retraite par répartition. Ils cotisent volontairement, ils épargnent pour leur retraite en direct. Appliquée à l’or d’investissement, cette stratégie consiste à acheter régulièrement de l’or, par montants fixes ou proportionnels, indépendamment des fluctuations de prix à court terme.
Cette approche présente plusieurs avantages :
- Elle permet de lisser le prix d’achat de l’or,
- Elle réduit le risque lié au timing,
- Elle facilite la constitution progressive d’une allocation cible (5 %, 10 % ou 15 % du portefeuille) au fil des années.
Le DCA est particulièrement adapté aux investisseurs patrimoniaux qui souhaitent intégrer l’or comme actif de long terme, sans chercher à anticiper les points hauts ou bas du marché.
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