En plein débat sur l’euro numérique, nous avons voulu évaluer la confiance qu’accordent les Français à leur monnaie. Et les chiffres parlent plus qu’un long discours. Le récent sondage OpinionWay « Les Français et l’or » montre une méfiance générale envers l’euro, qui monte avec le temps.*
Monnaie : une méfiance qui s’aggrave avec le temps
Interrogés sur leur confiance dans la capacité de l’euro à conserver sa valeur, les Français répondent négativement dans des proportions élevées : 58% n’ont pas confiance à un horizon de 5 ans, à 10 ans (58%) et à 20 ans (59%). Et quand on demande si l’euro aura su conserver sa valeur en 2076, ce sont 61% des Français qui doutent.
OpinionWay pour le groupe AuCOFFRE, juin 2026
Le détail est encore plus parlant si on isole les réponses les plus tranchées. 18% des Français n’ont « pas du tout confiance » dans l’euro à 5 ans. Ce chiffre passe à 26% à 50 ans*. Autrement dit, plus l’horizon s’éloigne, plus le doute se fait pressant.
Dans une logique de gestion de patrimoine, ce type de signal mérite d’être pris au sérieux sans être dramatisé. Une majorité de Français qui doute de leur monnaie sur une longue période ne veut pas dire qu’ils anticipent une catastrophe à la Mad Max. Cette méfiance peut devenir un motif rationnel pour diversifier plutôt que de tout miser sur le seul support monétaire.
L’or comme assurance
Interrogés sur ce que représente l’or pour eux avant tout, un tiers des Français y voient une garantie en temps de crise.
Ce résultat se confirme quand on demande vers quel actif les Français se tourneraient en priorité en cas de crise grave : l’or physique arrive en tête avec 25%, devant l’immobilier (20%) ou les espèces (16%), très loin devant les crypto-monnaies (5%), les actions de grandes entreprises (5%) ou les obligations d’État (3%).
Il semblerait donc que les Français ne rejettent pas l’euro en bloc au profit d’une alternative, mais qu’ils cherchent plutôt un point d’équilibre : garder un pied dans le système monétaire actuel, tout en diversifiant une partie de leur détention vers des actifs leur permettant d’être moins fragiles en cas de choc financier.
Euro numérique : un troisième acteur entre dans le débat monétaire
Le projet du moment à Francfort, c’est l’euro numérique, une version dématérialisée de la monnaie émise directement par la BCE.
Le 23 juin 2026, la commission compétente du Parlement européen a validé sa position sur le texte, ouvrant la voie aux négociations finales avec le Conseil de l’UE.
Si le cadre légal est adopté d’ici fin 2026, une phase pilote pourrait démarrer mi-2027, pour une émission effective au plus tôt en 2029. Mais rien n’est encore acté.
Ce projet ne répond pas à la même logique que l’or physique : il vise à moderniser les paiements, pas à agir comme une valeur de diversification.
Mais les négociations et débats autour de sa mise en place illustrent un climat de méfiance monétaire, que le sondage perçoit lui aussi très clairement.
Ni fin du monde, ni retour en arrière
Les Français ne préparent pas un effondrement de l’euro, et une majorité d’entre eux ne souhaite pas non plus un retour à un système où la monnaie serait entièrement adossée à l’or.
Mais la crise de confiance envers l’euro, combinée à cet intérêt réel pour l’or comme alternative, dessine une génération d’épargnants plus prudents, plus informés et plus enclins à diversifier que par le passé, sans être pour autant dans une logique de rupture.
Ce contenu est publié à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en acquisition d’actifs. L’or physique ne produit ni intérêts, ni dividendes, ni rendement garanti.
*OpinionWay pour le groupe AuCOFFRE, juin 2026


